La rivière coulait noire: Réinvention d’un territoire, 2023-2025
Depuis quatre ans, je documente les Asturies, la terre de ma famille, à un moment crucial de son histoire. La première partie de The River Ran Black était un hommage aux derniers mineurs et à la fin de plus de deux siècles d’extraction de charbon. J’ai voulu regarder de face la fermeture des mines et accompagner ceux qui furent les derniers gardiens d’un métier qui a façonné l’identité de toute une région.
La deuxième partie, réalisée grâce à la bourse de National Geographic en 2024, s’attache à ce qui se passe après cette fin. Je m’intéresse à la transition sous toutes ses formes : humaine, avec des villages qui se vident faute de travail et des jeunes qui partent, mais aussi avec ceux qui choisissent de rester et de réinventer le bassin minier ; culturelle, avec des projets qui transforment d’anciennes exploitations en musées, en espaces culturels ou en expériences gastronomiques qui entretiennent la mémoire du charbon.
En parallèle, je suis de près la transition énergétique et environnementale. Des initiatives innovantes voient le jour, comme la géothermie qui exploite les galeries de mines inondées pour produire un chauffage urbain, ou la reconversion de mines à ciel ouvert en vergers de pommiers et de kiwis. Peu à peu, les paysages blessés par l’extraction commencent à être restaurés, dans une tentative de réconciliation avec la nature.
Cette deuxième partie est, en définitive, un portrait intime d’une région qui oscille entre la nostalgie de ce qui fut et l’incertitude de ce qui vient, un territoire qui cherche à se redéfinir sans perdre de vue sa mémoire. Pour moi, c’est aussi un retour à mes racines et une manière d’accompagner, à travers la photographie, la métamorphose d’un lieu profondément lié à ma propre histoire.