Patrick Taberna — Ce qu’il nous reste
Exposition du 7 novembre au 24 décembre 2026
Vernissage
Samedi 7 novembre 2026
17h — 19h
Galerie Camera Obscura
268 boulevard Raspail
75014 Paris
Horaires de la galerie
Mardi — vendredi : 12h — 19h
Samedi : 11h — 19h
Dimanche et lundi : fermé
Depuis toujours, ma photographie est traversée par la question de la mémoire. La mémoire est faite de moments marquants, mais aussi d’instants ordinaires : des lieux, des gestes, des visages, des lumières, des sensations qui, sans que l’on sache pourquoi, demeurent quelque temps en nous. C’est cette matière fragile et incertaine qui nourrit l’essentiel de mon travail.
Les photographies en couleur et au format carré s’inscrivent dans la continuité de mes séries précédentes. Elles sont proches du quotidien, de ces images familières que l’on pourrait retrouver longtemps après dans une boîte ou un album. Elles montrent des proches, des paysages, des intérieurs, des moments parfois infimes, sans hiérarchie apparente. Leur importance tient moins à ce qu’ils représentent qu’à ce qu’ils font resurgir : une présence, une lumière, une sensation, quelque chose qui a été là.
Mais la photographie ne sauve rien tout à fait. Avec le temps, les souvenirs se transforment, deviennent imprécis, se fragmentent et parfois disparaissent. Que reste-t-il alors de ce que nous avons vécu lorsque la mémoire elle-même commence à s’effacer ?
Pour explorer cette disparition, j’ai progressivement introduit dans mon travail des photographies en noir et blanc, réalisées avec un appareil rudimentaire, réduisant volontairement l’acte photographique à peu de choses.
La couleur disparaît. Les repères deviennent moins certains. Figures, paysages, intérieurs et objets semblent appartenir à un même espace indécis, entre apparition et effacement. Les images portent également les accidents de leur fabrication : vignettage, fuites de lumière, flous, imprécisions. Elles ne cherchent plus à restituer fidèlement un souvenir. Elles en donnent plutôt une forme possible au moment où il se défait : fragmentaire, instable, lacunaire. La photographie ne vient alors plus arrêter le temps ni préserver intact ce qui a été. Elle met en scène sa disparition inéluctable et tente d’en retenir, un instant encore, quelques traces.
Continuer à photographier, dans le temps qu’il me reste, pour ne pas oublier.
Patrick Taberna
