Anne Rearick — Sète #17
Festival ImageSingulières
Chapelle du Quartier Haut, 34 200, Sète (FRANCE)
Du 24 mai au 11 juin 2017
Des gens, des lumières. On pourrait dire que Sète se résume à cela sous l’œil d’Anne Rearick. Tout simplement, avec l’immense liberté qui est la sienne, avec la souplesse qui lui fait balader de façon élégante le carré de son cadre jusqu’à réduire, sans le limiter, l’espace de son expérience à ce carré qui devient magique parce qu’inexplicable.
Son Sète est habité de personnages entre lesquels elle n’établit aucune hiérarchie mais avec lesquels elle recherche un dialogue d’images en espérant que, l’un à côté de l’autre, ils donneront non un portrait – impossible – de la ville, mais un bon exemple de sa collection de souvenirs de ses visites à Sète. Débarrassée de tout projet globalisant elle laisse chacun s’exprimer tour à tour avec des regards, des poses, des gestes, un mouvement et elle renoue justement avec cette photographie profondément humaniste qui ne regarde jamais son nombril, qui ne cherche pas son ego ou son identité mais va à la rencontre de l’autre, son égal.
Cette photographie, si loin des mises en scène convoquant des dispositifs – et des moyens – plus proches du cinéma que d’une tradition photographique se fait aujourd’hui de plus en plus rare, elle n’est plus guère en accord, semble-t-il, avec une demande, voire une exigence de spectaculaire qui s’affirme dans tous les domaines. Pourtant cette attitude renvoie à des fondamentaux de la photographie, à une attitude sans arrogance par rapport au réel, à une forme d’humilité de la part de ceux qui savent que, pour que l’image soit possible, il a fallu que dans le monde qu’ils expérimentent et traversent existent, avant tout déclenchement, des éléments, des objets, des formes, des gens et des lumières.
André Kertesz disait : « Je photographie des petits rien ». Anne Rearick, aujourd’hui, me fait penser à lui. Et c’est beaucoup.
Christian Caujolle
